La famille Robertson : 38 jours au milieu de nulle part. Leur voilier est coulé par des orques.
Un père, une mère, et trois enfants sur un canot pneumatique qui se dégonfle.
38 jours à la dérive dans le Pacifique.
Une histoire vraie de survie absolue, où l’ingéniosité macabre a sauvé des vies.
Le 15 juin 1972, la goélette Lucette (13 mètres) vogue à 300 km à l’ouest des Galápagos.
À bord : Dougal Robertson (ex-capitaine de marine marchande), sa femme Lyn (infirmière), leurs enfants Douglas (18 ans), et les jumeaux Anne et Sandy (12 ans), plus un auto-stoppeur Robin Williams (étudiant).
La famille a quitté l’Angleterre en 1971 pour un tour du monde en voilier – un rêve devenu réalité après la vente de leur ferme.
Vers 10 heures du matin, trois coups violents secouent la coque.
Des orques (un mâle, une femelle, un petit) attaquent : elles percent la coque comme des torpilles.
En 60 secondes, Lucette coule.
La famille n’a le temps de sauver que : un radeau pneumatique de 3 mètres, un petit dinghy en fibre de verre, quelques oranges, citrons, un couteau, des fusées de détresse et 10 litres d’eau.
38 jours d’enfer : la survie extrême.
D’abord sur le radeau (9 jours), puis dans le dinghy (après que le radeau se dégonfle).
Rations : 10 jours d’eau, presque rien à manger.
Ils pêchent à la main tortues marines, dorades, poissons volants.
Ils boivent le sang des tortues (frais, riche en eau et nutriments).
La viande est séchée au soleil pour la conserver.
L’huile de tortue sert d’onguent contre les plaies de sel.
Mais l’eau reste le pire ennemi.
Quand les réserves s’épuisent, ils collectent la pluie… et quand il n’y en a pas, Lyn (l’infirmière) a une idée désespérée : des lavements avec l’eau polluée du fond du bateau (mélange d’eau de mer, sang, excréments, viscères).
Bu par la bouche, ça tuerait (trop salé, toxique).
Par le colon, le corps absorbe l’eau sans passer par l’estomac – pas de nausées, pas de déshydratation fatale.
Douglas fabrique un tube avec les barreaux d’une échelle.
Toute la famille (sauf Robin) accepte les lavements.
« C’était dégradant, mais ça nous a gardés en vie », racontera Douglas.
Tempêtes, requins qui tournent autour, plaies infectées, hallucinations…
Les jumeaux pleurent de faim.
Dougal garde le moral : « On va s’en sortir. »Le 23 juillet 1972 (38e jour), un thonier japonais, le Toka Maru II, les repère grâce à une fusée de détresse.
Ils ont dérivé 1 200 km.
Épuisés, couverts de plaies, mais vivants.
L’après : un livre, un héritage, une leçonDougal écrit Survive the Savage Sea (1973), best-seller traduit en 12 langues (filmé en 1993 avec Robert Urich).
Douglas publie The Last Voyage of the Lucette (2005), plus centré sur la famille.
La survie des Robertson inspire Alain Bombard et des manuels de survie en mer.
Aujourd’hui, les enfants sont grands-parents.
Ils se souviennent : « On a survécu grâce à l’amour, à l’ingéniosité… et à des méthodes qu’on n’enseigne pas à l’école. »
Une famille ordinaire devenue légende.
38 jours où l’humain a repoussé les limites pour protéger ses enfants.
Une histoire qui glace le sang… et qui réchauffe le cœur.