Mwana
"Écoute mon pote, c'est l'histoire d'un mec qui veut bien faire mais qui se retrouve le cul entre deux chaises, au milieu du gué, avec la flotte qui monte.
D'un côté, t'as la marque de chez nous, celle qui sent bon le camembert et la tour Eiffel, mais qui fait trimer des mômes en short à l'autre bout de la planète. Tu te dis « Cocorico ! », mais le pognon, il finit dans la poche d'un grand patron qui n'a jamais mis les pieds dans le 14ème, pendant que l'usine de ton bled se fait bouffer par les ronces.
De l'autre, t'as le gars d'ailleurs, le Yankee ou le Nippon, qui vient poser ses machines dans le Berry. C'est pas nos couleurs, c'est sûr, mais c'est le voisin, le grand Jacques ou le petit Pierre, qui ramène sa paie à la maison le samedi soir. Là, c'est la sueur d'ici qui fait tourner la boutique, même si les bénéfices se tirent en douce vers les paradis fiscaux.
C’est un sacré micmac, mon gars. C'est choisir entre le prestige qui bat de l'aile et la gamelle du prolo qui essaie de rester debout. Au final, on se fait toujours un peu pigeonner par les types en costume qui nous vendent du vent avec un ruban bleu-blanc-rouge. C’est moche, c’est comme un accordéon désaccordé, ça joue faux mais on est obligés de "danser.