- Pourquoi l'Est a "aspiré" l'industrie ?
L'accélération s'explique par un écart de compétitivité massif au moment de l'adhésion :
Coût du travail : En 2004, le salaire horaire en Pologne ou en Roumanie était 5 à 8 fois inférieur à celui de la France.
Impôts de production : En France, ils représentent environ 3,6 % de la valeur ajoutée, contre moins de 1 % en Allemagne ou dans de nombreux pays de l'Est.
Infrastructures : Les fonds européens ont massivement financé les autoroutes et les réseaux électriques de ces nouveaux membres, rendant le transport vers la France rapide et peu coûteux.
- Exemples concrets de transferts industriels
De nombreuses usines françaises ont fermé pour rouvrir à l'Est, ou ont vu leurs nouveaux modèles être exclusivement produits là-bas :
Renault (Automobile) : Le groupe a fait de la Roumanie (avec Dacia à Pitesti) son centre mondial pour la gamme "Global Access" (Sandero, Duster). Plus récemment, la production de la Clio (modèle phare) a été largement délocalisée en Turquie et en Slovénie, ne laissant à la France que les modèles électriques ou haut de gamme.
Stellantis (ex-PSA) : La production des petits modèles (Peugeot 208, Citroën C3) a migré vers la Slovaquie (usine de Trnava).
Whirlpool (Électroménager) : En 2017, la fermeture de l'usine d'Amiens (sèche-linge) pour transférer la production à Lodz en Pologne a été un événement politique et social majeur.