kimo
une critique de l'étude : https://assets.nationbuilder.com/pcf/pages/19002/attachments/original/1729692785/FAURY_NOTE_BORA.pdf?1729692785
"Ainsi, on peut se demander si l’auteur ne s’égare pas, par moments, dans une forme d’« ethnocentrisme
scolastique » (Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, 1997) consistant pour le chercheur à prêter
inconsciemment à ses enquêtés des rapports au monde qu’il tient de sensibilités acquises dans le monde
académique.
Ce qui apparait rapidement comme une limite du livre, c’est que l’intérêt se porte sur certaines fractions de
l’électorat du RN, et certaines fractions seulement : « Les personnes rencontrées durant ma recherche sont à
l’image de l’électorat “du sud“, composé tendanciellement de petites classes moyennes et de classes
populaires stabilisées, de “petits moyens“ [en référence à une enquête sur la France des banlieues
pavillonnaires de 2008] travaillant souvent dans le secteur des services (avec des emplois plus difficilement
délocalisables) ou à la retraite. Dans l’ensemble, ce sont des électeurs moins exposés au chômage et à la
précarité économique que d’autres catégories (en particulier ouvrières) de l’électorat RN. […] Ce n’est dès
lors pas sur le terrain de l’emploi que s’active en premier lieu leur rejet de l’immigration, mais avant tout sur
celui de la répartition secondaire des revenus, après redistribution.
donc y'a déja un gros biais...
"Dès lors, on comprend que le cœur de l’enquête porte en fait sur un électorat de droite qui s’est
progressivement radicalisé sur la base d’une racialisation de ses expériences de « concurrences sociales » (p.
218) et d’une vision du monde (bien à droite) préexistante à leur basculement vers le vote RN. L’auteur le
reconnait lui-même : « Ce basculement est à l’image des évolutions politiques du territoire de Sud-PACA, dans
lequel la porosité électorale entre droite et extrême-droite ne cesse de s’accroître, au profit de cette dernière. "
"Mais est-ce suffisant pour démontrer, puisqu’il s’agit de la thèse du livre, que le racisme est bien l’élément
explicatif central et essentiel du vote RN dans sa globalité ?"
ben non du coup...
"L’auteur n’en disconvient pas, les profils sociaux des électeurs « du nord » et ceux « du sud » ne se recoupent
pas : « différentes enquêtes électorales ont établi que l’électorat lepéniste “sudiste“ est tendanciellement
moins ouvrier et moins frappé par la pauvreté et par la précarité que son homologue du Nord-Est. » (p. 11)
À raison, il cherche à corriger un point de vue médiatique (et même sociologique ou philosophique)
déséquilibré en enquêtant sur « cette fraction de l’électorat lepéniste qui a reçu moins d’attention publique
au cours des dernières décennies » (p. 11), à l’ombre de « la progression du vote d’extrême droite au sein
d’une classe ouvrière frappée par la désindustrialisation et la restructuration constante du marché du travail »"
donc le mec fait une étude pour dire que les gens du fn qui sont raciste, sont raciste...c'est super!
" il va de soi, pour le constater
concrètement sur le terrain dans la région qui est la mienne, que la dynamique électorale du RN dans l’est de
la France ne laisse pas le racisme sur le bord de la route. Mais, au-delà du périmètre socio-territorial sur lequel
elle se concentre, rien dans l’enquête de Félicien Faury ne permet de démontrer que le racisme est bien ce
qui cimente fondamentalement les différents électorats du RN, de Fréjus à Hénin-Beaumont, en passant par
Hayange ou les circonscriptions législatives de Montargis et de l’estuaire de la Gironde, ou encore des ateliers
d’usine aux salles des profs, en passant par les vestiaires des casernes ou les salles d’attente des agences de
France travail."
"Pour certains commentateur, l’enquête invalide complètement la stratégie politique visant la reconquête des
« fâchés pas fachos », une stratégie qui serait au mieux aveugle au racisme, qui en serait au pire un des
véhicules et ferait « le jeu » de l’extrême-droite. Pourquoi s’adresser aux électeurs du RN si ce qui les relie
fondamentalement est le racisme que nous combattons ? Notons au passage que cette interprétation du
livre, que l’on peut considérer comme assez moraliste, vient souvent des tenants d’un antiracisme dit
politique qui prétend se distinguer d’un antiracisme qualifié de moral."
je pense que cet article permet de dire que le biais est énorme et problematique